ADAMA KANE FAZA
Je reproche souvent à mes amis de ne plus savoir regarder ce qui les entoure pour en apprécier la beauté profonde et l’étrangeté .Tant de préoccupations meublent leur esprit qu’ils ont peut-être perdu le goût de la contemplation. Pourtant, il nous arrive parfois de faire des découvertes qui nous remplissent de stupeur ou de joie. Tous les jours ,nous ouvrons nos fenêtres, nos portes sur les mêmes paysages : nous y sommes tellement habitué que nous n’y prêtons pas la moindre attention, apparemment, il n’a plus rien à nous dire. Or brusquement, il se présente sous un aspect différent. Un jour de pluie, la lumière du crépuscule, un bruit, des paroles, le brouhaha, notre état d’âme du moment nous en révèle un visage un visage inattendu. Les maisons, les routes, les arbres, les hommes, les animaux les immeubles sont restés les mêmes mais nous y trouvons un caractère plus profond : il nous semble pour la première fois que ce paysage, ces images ont une âme secrète.
Je me sens pas peintre mais plutôt bienfaiteur; j’essaie tant bien que mal d’apporter un coup de pouce aux idées, aux images qui veulent s’affirmer (porter des habits et habiter parmi nous). Leur sève nourricière est le regard, les critique des hommes… Elles se sentent exister seulement parce que nous les regardons, nous les palpons…
Parfois les images qui se présentent devant moi sont si grandes que je suis obligé de les rétrécir et d’en enlever ce qui est accessoire ce qui s’avère paradoxale sans doute. Elles peuvent être aussi petites que je suis obligé de les agrandir.
On me reproche souvent, quand je parle de sentiments, de sensations, d’utiliser un langage égaré, de ne pas avoir une continuité dans ma démarche, de toujours vouloir une chose et son contraire (en chaque chose n’existe-t-il pas du bon et du mauvais ?)…
Peindre sculpter, désigner pour moi est ma seule manière d’exprimer mon besoin de connaître et d’aimer les hommes, la nature, les animaux, les choses, l’invisible, L’irrationnel ; mon impatience d’approfondir la nature l’impalpable pour en découvrir le vrai visage (chaque élément de la nature a un vrai visage qu’il dissimule derrière une image commune mais l’exploration de ces élément nécessite beaucoup de sacrifice). Toutes ses sensations mûrissent au fil du temps.
Je m’adresse aux autres par l’intermédiaire de mes tableaux de mes sculptures, de mes mots et de mes designs chargés de couleurs et de formes, de matières et de lumières.
En effet, en utilisant une teinte de préférence à une autres, une matière de préférence à une autre, un style de préférence à un autre, en l’accordant à l’ensemble, suivant l’inspiration de mon imagination et de mon goût, j’exprime ma manière personnelle de voir ce qui m’entoure et manifeste dans mes œuvres mes sentiments les plus intimes.
Je ne suis pas un enfant terrible, un Rebel, un révolutionnaire comme certains de mes illustres contemporain. Je suis simplement quelqu’un qui veut s’exprimer avec les couleurs et les formes. Et ma peinture, ma sculpture, mon design s’accordent, je le pense, avec ma manière de vivre, c'est-à-dire : simple, tourmentée, instable, modeste….et l’affectueuse attention que je prête à tout ce qui m’entoure, tout ce qui me fait mal, tout ce qui m’étonne, tout ce qui est obscur et mystique, tout ce qui fut et ne fut pas….
Le bien-être commence à l’intérieur…
Je regarde toujours la lumière pour admirer sa beauté.
J’ai deux choses à représenter dans mes créations : l’être et ce qui se passe dans son âme et son esprit, la première est facile mais la deuxième s’avère très difficile.
Une fois contemplé il faut pensée…
Mon rêve de design : un seul meuble qui servirait à presque tout et qui serait accessible à tous. En attendant, je m’attelle aux multifonctionnels, anticipe les révolutions, intrigue les clients et les industriels qui timidement se laissent séduire par mes propositions technico-minimalistes…
La tendance du mobilier transformable est très actuelle. C’est une façon de donner un coté ludique à un objet pratique. Cela plait particulièrement à un public jeune qui choisi ,sinon le minimalisme, du moins l’espace qu’il gère . 3e68h4